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Skiset, un développement tous azimuts

Avec le rachat de Go Sport Montagne et le lancement de
 sa nouvelle enseigne Netski, le groupe Skiset étend son maillage en station et entend coller aux nouveaux modes de consommation.

A l’heure où la concurrence est rude sur le
 marché de la location de
ski, le groupe Skiset a 
annoncé coup sur coup le 
lancement de sa nouvelle
 enseigne Netski, créée à
 l’automne dernier, et la 
reprise des magasins Go 
Sport Montagne, annoncée en novembre mais effective depuis le 1er février 2020. Le leader mondial de la location de ski, à la tête de 391 magasins en France (850 dans le monde), poursuit son offensive et compte désormais trois marques à son actif.


Netski, pour skier en trois clics

Aux côtés de Skiset, qui se définit comme un « préparateur de skieur » au positionnement technique se développe Netski, la nouvelle enseigne technologique, « qui se veut hyper connectée et agile pour coller aux nouveaux modes de consommation et répondre aux attentes de la génération smartphone », explique Annie Famose, présidente et actionnaire majoritaire de Skiset. Ce que résume le slogan « fast & easy », une promesse de facilité qui vise à moderniser l’image « plus traditionnelle » du loueur de ski né il y a 25 ans sans pour autant rompre avec sa clientèle actuelle. « Avec l’ambition affichée de faciliter la vie des skieurs lors de leur séjour », enchaîne Julien Gauthier, directeur du développement du groupe Skiset.


Sur la page d’accueil, et d’entrée de jeu, deux catégories : adulte et enfant ; deux niveaux : débutant-intermédiaire et confirmé et, pour finir, deux choix : Netski.confort si l’on veut louer des skis ou des snowboards récents, et Netski.plus, du matériel de l’année. S’y ajoutent plusieurs options à ajouter au panier : fastpass (pour éviter d’avoir à attendre dans les magasins), livraison du matériel, gardiennage... « Avec derrière, des magasins physiques et des skimen expérimentés pour offrir un service personnalisé », rappelle le responsable. Skiset ne déroge pas à son ADN qui réside dans l’accueil très performant de la clientèle. Et la marque affiche ses ambitions, avec un démarrage sur les chapeaux de roue : 70 magasins Netski en année 1 dans les stations de ski françaises voire européennes, 150 l’hiver pour 2020-2021 et une montée en puissance rapide dans les années qui suivront. À date, l’enseigne Skishop est le plus gros adhérent Netski avec cinq magasins en haute Tarentaise (lire l’interview de David Giraud, son président).


Exit la banalisation

Toutefois, si Netski se veut plus jeune jusque dans la charte et les codes couleurs, plutôt acidulés, les gammes se resserrent. Le nombre de références, comparativement à un magasin Skiset, a réduit de plus de moitié. « Chez Netski, on parle moins technique, moins matériel pour aller au plus simple et à l’essentiel, à un rapport prix / prestations optimal », indique Julien Gauthier. Au final, une gamme moins large, plus claire et plus lisible. Mais le groupe se défend de vouloir en faire une marque low-coast. Il n’est pas question de sacrifier la qualité et de banaliser l’offre « quand le fondement de Skiset repose justement sur l’innovation dans le matériel », n’hésite pas à rappeler Annie Famose, à l’image du déploiement du scanner 3D ScanFeet (développé avec Boot-Doc / Volumental) depuis 2018. Reste que la nouvelle enseigne sera toute de même plus « agile » pour aller challenger la concurrence.


Go Sport Montagne :
« On va se laisser le temps »


Autre point fort de ce développement offensif, la reprise du réseau montagne de Go Sport. Soit au total 91 magasins (90 en France et 1 en Andorre) avec une grosse concentration dans les Alpes, en particulier en Tarentaise. Après l’entrée en négociation exclusive avec la holding Skiset en novembre dernier, la vente a été officialisée le 1er février, le pdg de Go Sport Philippe Favre arguant « une activité montagne moins stratégique pour son enseigne, dans le cadre de son repositionnement en plaine ». Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Quid de la pérennisation de Go Sort Montagne, qui passerait par la possibilité pour ses adhérents de continuer à exploiter sous l’enseigne pendant... 15 ans ? Tous les détaillants suivront-ils ? Rien n’est moins sûr. D’autant qu’un mini-sondage réalisé auprès des adhérents donnait l’avantage à Sport 2000, également sur les rangs pour reprendre l’enseigne, plutôt qu’à Skiset.


Se pose également la question du changement d’enseigne qui nécessite des investissements de la part des magasins. Questionnée à ce sujet, la présidente de Skiset reste évasive. Pour l’heure, aucune information ne filtre, si ce n’est que la stratégie dans ses grandes lignes sera exposée aux adhérents de Go Sport Montagne lors de la plénière qui se tient le 9 mars sur le salon Sport-Achat à Lyon. Et Julien Gauthier de corroborer « Nous allons faire en sorte que la transition se passe au mieux et nous laisser le temps de nous projeter ». Sans aucun doute pour affiner la stratégie et se mettre en ordre de marche dès le printemps « car pour l’heure, le moment est mal choisi, le rachat intervenant au beau milieu des vacances d’hiver, c’est le statu quo, chacun préférant se concentrer sur le gros de la saison », admet Annie Famose. Quant aux détaillants, ils optent pour l’attentisme. Copropriétaire avec son fils d’un magasin Go Sport Montagne à Saint-Gervais (ex-Twinner et Technicien du Sport), Pierre Blanc, lui, reste dubitatif quant à la suite. « Que ce soit Go Sport ou Skiset, au final cela ne change pas grand chose. D’autant que je n’étais pas favorable fin 2016 à la vente des Twinner de montagne à Go Sport, qui ne nous a finalement rien apporté de nouveau ». Donc aucun regret de ce côté là.



Les détaillants s’interrogent
 et attendent des propositions

Toutefois, le détaillant haut-savoyard en convient : « Skiset, ce sont des professionnels reconnus, une excellente centrale de référencement s’agissant de la location de matériel et de la vente d’accessoires, et une commercialisation efficace. Mais que va apporter Skiset à des magasins comme les nôtres qui réalisent le gros de leur chiffre d’affaires à la vente, et non à la location ?... et aussi l’été, alors que son business model est centré sur l’hiver ? », s’interroge Pierre Blanc, qui n’exclut pas l’idée de redevenir indépendant. « Aujourd’hui quel intérêt avons-nous à adhérer à une centrale qui nous coûte cher (comprendre l’adhésion), sans parler du pourcentage prélevé sur les locations et des ventes à prix dégradés sur Veepee ou autres sites... quand en plus, les fabricants nous font les yeux doux en nous proposant des prix tout aussi attractifs ou presque », explique le détaillant, qui a créé son propre site internet, avec lequel il réalise près de 60 % de ses réservations.


Une stratégie bien affûtée

La balle est dans le camp de Skiset. Pour l’heure, l’enseigne travaille au déploiement de ses plateformes de marques et aux synergies à développer sur toute la partie commercialisation, la maîtrise technique et technologique (savoir-faire informatique, digitalisation du parcours client...) à l’instar du ScanFeet et du tout nouveau logiciel de caisse, beaucoup plus performant, qui sera étendu à l’ensemble des magasins dans les cinq ans à venir. « Nous continuons également à nous challenger sur la marque Skiset pour optimiser les process en magasin et améliorer sans cesse l’expérience client », explique Julien Gauthier. Sur un marché de la location de ski aux standards toujours plus élevés, l’enseigne entend garder une longueur d’avance. À grand renfort de services et en apportant expérience et expertise via un personnel formé – un poste qui réclame toujours plus d’investissement – et professionnel. « Notre défi, soutient Annie Famose, est de toujours être à la pointe de l’innovation en anticipant les tendances. Qu’il s’agisse de matériel ou de solutions à apporter pour répondre aux différentes attentes de la clientèle ». À plus courte échéance, et Julien Gauthier ne s’en cache pas « l’enjeu sera de faire vivre plusieurs marques au sein d’un même groupe, avec pour chacune un positionnement clairement identifié pour qu’elles se démarquent et que nos adhérents s’y retrouvent ». /// Patricia Rey

Skiset groupe en 2019

• 391 magasins en France (contre 375 en 2018), 786 en Europe et 850 au global dans le monde
.

• Présence dans environ 400 stations de sports d’hiver dans 11 pays/

• Volume d’affaires consolidé groupe en France : 270 M €, en baisse de 3 % après une année 2017-1208 record.
 • Répartition du volume d’affaires : 55 % location, 45 % vente

• SK, marque accessoires de Skiset : 4 à 5 % du chiffre d’affaires global ventes (et +10 % des ventes accessoires) 
• Location sur internet : 20 à 25 % (en moyenne) du CA global location

• Effectif : 50 salariés
 • 98 % de taux de suivi des adhérents sur la centrale de référencement