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Polyester recyclé : un nouveau cap pour Carbios

Recycler les bouteilles et emballages en PET à l’infini, telle est l’ambition de la start-up française Carbios, qui vient d'inaugurer une unité de dépolymérisation enzymatique de plastiques sur le site Cataroux de Michelin à Clermont-Ferrand.


Le procédé de recyclage enzymatique C-Zyme met en œuvre une enzyme capable de dépolymériser de façon spécifique le PET (polytéréphtalate d’éthylène) contenu dans différents objets plastiques ou textiles. Les monomères issus du procédé de dépolymérisation sont purifiés, en vue d’être repolymérisés en un PET de qualité équivalente au PET vierge issu de la pétrochimie. Contrairement aux procédés conventionnels, l’innovation de Carbios permet un recyclage à l’infini et sans solvant de tous types de déchets en PET (plastiques clairs, colorés, opaques, complexes, textiles polyester) ainsi que la production de produits PET 100 % recyclés et 100 % recyclables, sans perte de qualité.



« Le PET recyclé disponible sur le marché est majoritairement obtenu par voie mécanique, ce qui entraîne une réduction de la qualité, et ne permet pas de refabriquer des emballages pour usage alimentaire. Notre procédé produit un PET d’une grande pureté et de qualité égale au PET vierge », précise Martin Stéphan, dg de Carbios. Certes le PET ainsi régénéré est deux fois plus cher que le PET vierge. Mais, ajoute-t-il, « la demande de PET recyclé est actuellement beaucoup plus élevée que l’offre », et l’industrialisation du processus devrait faire baisser son prix. Sachant que l’Union européenne impose aux producteurs de bouteilles et emballages en plastique d’intégrer 25% de contenu recyclé d’ici 2025, ce qui promet une demande forte pour le processus Carbios.


Le réacteur de démonstration installé chez Michelin, d’un volume de 20 m3, peut traiter 100 000 bouteilles ou 10 000 T-shirts en 10 heures. Le groupe Michelin rejoint ainsi le consortium d'investisseurs et partenaires industriels formé par L’Oréal, Nestlé Waters, PepsiCo et Suntory Beverage.











La prochaine étape pour la start-up est la construction d’une unité pouvant traiter 40 000 tonnes par an directement sur le site d’une usine de production de PET. Carbios compte financer cette première unité industrielle (trois sites ont été identifiés), puis céder la technologie sous licence à des producteurs de PET. Cotée en bourse depuis 2013, l’entreprise a levé 114M€ en 2021, des fonds qui devraient couvrir cet investissement de l’ordre de 100 M€. Pour Jean Claude Lumaret, pdg et à l’origine du projet, « il ne fait aucun doute que Carbios sera leader mondial du recyclage enzymatique du PET, et une future licorne ».


// Sophie Bramel