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Le magazine de l'économie des sports outdoor

Mammut fait de la résistance

La marque helvétique d'équipements outdoor, désormais dans le giron du fonds londonien Telemos Capital, a connu une bonne saison hivernale sur le marché français. Et envisage l'avenir avec confiance.



Acteur majeur de l'équipement de sécurité en montagne, Mammut (189 M€ de chiffre d'affaires en 2020) change de mains. Sa maison mère, le groupe suisse Conzzeta (maintenant rebaptisé Bystronic) est en pleine transformation et a décidé de céder la marque outdoor au fonds londonien Telemos Capital, présidé par Philippe Jacobs, qui est également co-président de Jacobs Holding, entité basée à Zürich et dont la fortune a été faite dans le café et le chocolat.


La marque suisse a plutôt bien traversé cette difficile saison hivernale, portée par deux catégories de produits : le matériel de sécurité, les DVA en tête, et les vêtements de ski de randonnée. « Avec la fermeture des remontées mécaniques, les pratiquants n'ont pas investi dans les forfaits et avaient donc du budget pour s'équiper en matériel de sécurité. Et le fait de produire les DVA en Europe nous a beaucoup aidé, nous n'avons pas eu de difficultés d'approvisionnement pour les composants », explique Raphaël Bouvet, directeur général de Mammut France. De fait, les DVA sont intégralement fabriqués dans le Tessin, même les puces électroniques viennent de Suisse.

« Le monde du ski de piste a souffert mais l'univers outdoor a plutôt bien résisté et tiré son épingle du jeu. Toutes les gammes de vestes avec membranes très légères, comme les modèles Altigrade ou La Liste ont bien fonctionné ainsi que les pantalons légers et les micropolaires », poursuit le DG, qui précise en revanche que les ventes d'accessoires, comme les gants et bonnets, ont beaucoup souffert.


Pour la saison d'été, c'est le segment chaussures qui a pris un bon départ. Sans entrer de plain-pied dans l’univers du running, la marque flirte avec le trail à travers sa gamme de randonnée légère et de dénivellation rapide. « Nous avons introduit des modèles plus légers de type fast hiking avec une semelle plus souple pour une bonne accroche, en phase avec les tendances de pratique, et nous livrons déjà des réassorts sur ce type de produits », indique Raphaël Bouvet.

La marque affiche plus de 110 points de vente en France. « Nous avons déjà tous les magasins qui comptent en outdoor. Nous préférons avoir de véritables partenaires avec qui nous travaillons les gammes en profondeur », indique Raphaël Bouvet.

Comme beaucoup d'autres marques d'outdoor, Mammut a vu la part du e-commerce augmenter ces dernières saisons, et s’accélérer ces derniers mois, ce qui représente maintenant plus du quart du chiffre d'affaires. La marque travaille avec des sites reconnus comme Snowleader ou Hardloop mais ne souhaite pas développer davantage ce canal. « Ces enseignes sont de bons partenaires qui partagent nos valeurs et le e-commerce nous permet de rajeunir notre cible de consommateurs. Mais la proportion nous paraît bonne et nous n'ouvrons plus de comptes internet. Il demeure important de faire vivre une expérience au consommateur en magasin », conclut Raphaël Bouvet. //MB