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  • Rédaction

Groupe Rossignol, un virage éco-responsable

Le groupe lancera à l’automne son premier ski recyclable fabriqué dans l’usine historique de Dynastar à Sallanches (Haute-Savoie).


Vincent Wauters (à droite) président du groupe Rossignol


C’est un nouveau virage qui se dessine pour le groupe Rossignol. Le fabricant de matériel et de vêtements de ski, détenu majoritairement depuis 2013 par le fonds scandinave Altor et pour 20% environ par le fonds chinois IDG Capital, lance un ski d’une conception innovante « à haut potentiel de recyclabilité ». Baptisé « Essential », ce ski est le premier jalon de la nouvelle stratégie du groupe de Saint-Jean-de-Moirans (Isère), fondée sur deux axes : la diversification dans l’outdoor et l’éco-responsabilité.


« Nous avons développé un ski éco-conçu nécessitant seulement 7 composants, contre 12 à 15 traditionnellement selon les modèles, et intégrant 62% de matériaux recyclés, naturels labellisés et biosourcés », indique Vincent Wauters, président du groupe Rossignol. « L’enjeu de cette conception innovante est de pouvoir ensuite mieux trier les matériaux – en l’occurrence bois, acier, aluminium – afin de mieux les recycler. Ce nouveau ski assurera une recyclabilité finale de 76%, alors que celle de nos skis conventionnels est de l’ordre de 6%. »


Le programme Essential s’inscrit dans une démarche de co-développement avec l’entreprise MTB, basée elle aussi en Isère, qui a mis au point une machine adaptée au recyclage de ces skis avec un nouveau procédé de broyage, de tri, de séparation et de revalorisation des matériaux. Le recyclage s’inscrira dans une démarche d’économie circulaire via des filières organisées. Les matériaux recueillis pourront alimenter les industries de l’automobile, du jardin ou du BTP et demain être réutilisés dans certains nouveaux produits Rossignol. La « Recycling Box » développée par MTB, outil innovant de recyclage des skis mais aussi de chaussures et bâtons, sera opérationnelle à partir de 2023.


« Ce projet de ski a été initié il y a deux ans. Nous avons maintenu les budgets R&D pendant la crise sanitaire. Et je remercie la station de Tignes qui nous a permis d’effectuer les essais sur neige en mettant à notre disposition une piste pendant l’hiver 20-21 », souligne Vincent Wauters.


Pérenniser l’usine de Sallanches


Des deux usines de skis du groupe, en Espagne et en France, c’est celle de Sallanches (Haute-Savoie) – la dernière usine de skis de grande capacité dans l’Hexagone – qui a été retenue pour abriter ce programme innovant. Une excellente nouvelle pour le site historique des skis Dynastar, implanté au pied de l’emblématique massif du Mont-Blanc, qui ne semblait pas, jusqu'ici, être au centre des priorités.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire : le site haut-savoyard est appelé à devenir « la première usine de skis recyclables en France » et un « grand centre expert en réparation pour prolonger la durée de vie des produits ». L’usine abritera ainsi un cycle complet, en circuit court, de production, de réparation et de recyclage.



« Le but était de pérenniser l’emploi à Sallanches et nous avons pour ambition d’en créer ! Nous lancerons la production d’une première petite série de 1000 paires en octobre. Aujourd’hui, il s’agit d’un projet groupe mais, dans l’esprit, face aux enjeux environnementaux, il n’est pas exclu d’ouvrir le site à des marques concurrentes. De même, nous étudierons des synergies potentielles avec d’autres initiatives », indique Vincent Wauters, par ailleurs investi à titre personnel dans la Convention des Entreprises pour le Climat.


Le groupe a pour ambition qu’un tiers de ses gammes de skis s’intègrent dans un processus d’économie circulaire d’ici 2028. D’autres projets sont à l’étude pour la chaussure de ski. Quant aux vêtements, la marque commence à utiliser des matières éco-responsables et envisage de transférer la confection de certaines gammes de l'Asie vers la Tunisie, avec le concours du groupe textile Chamatex, chez qui sont déjà fabriquées quelques pièces très techniques en Ardèche dans l’atelier TopTex (fondé par l’ancien pdg de Lafuma, Philippe Joffard).


Pour ce qui est du matériel (skis, chaussures, fixations) rappelons que le groupe Rossignol propose, à travers une organisation industrielle et logistique centrée sur l'Europe (France, Italie, Espagne), un modèle de circuit court unique sur le marché, au plus près des principaux lieux de pratique, et avec des usines certifiées ISO 14001, fonctionnant à 100% à l’énergie d’origine renouvelable (à Artés en Espagne, à Nevers chez Look, et à partir de janvier 2023 à Sallanches).


« Ces initiatives nourrissent notre ambition en faveur du développement durable mais aussi de l’inclusivité et des vertus de la montagne pour tous, via le soutien d’associations comme Sports dans la Ville et Share Winter » commente le président du groupe. // EG



> Un rebond après la crise

Après avoir accusé une très forte chute son chiffre d’affaires en 2020/21, passé de 331 millions d’euros à 242 M€ pour cause de fermeture des remontées mécaniques, le groupe Rossignol annonce un fort rebond pour l’exercice 2021/22, clôturé fin mars, affichant un CA de 310 millions d’euros.