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  • Rédaction

Yvon Chouinard confie Patagonia à la planète

Homme d’affaires malgré lui, comme Yvon Chouinard l’écrivait dans un livre publié en 2006, le fondateur de la marque Patagonia aujourd’hui âgé de 83 ans prépare l’avenir de son entreprise de manière peu conventionnelle.



Évaluée à 3 milliards de dollars, l’entreprise fondée en 1973 réaliserait un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 milliard de dollars. Ses deux enfants ne désirant pas prendre le relais, le créateur du groupe avait deux options, la vendre ou ouvrir son capital en bourse, écrit-il dans une lettre ouverte aux employés de la firme et au monde, puisqu’elle est postée sur le site web de la marque. Mais aucune de ces deux options, poursuit-il, ne permet de garantir que Patagonia soit gérée de manière « responsable » sur le long terme. En ce qui concerne la bourse, il estime que cela « aurait été une véritable catastrophe. Une fois cotées, même les entreprises ayant les meilleures intentions du monde courent après les gains à court terme au lieu de penser croissance à long terme et responsabilité ». Pour rappel, outre ses actions pionnières en matière de coton biologique et de polyester recyclé, l’entreprise consacre 1% de ses bénéfices à des causes environnementales, est certifiée B Corp, et se mobilise pour de nombreuses actions en faveur de la préservation de la nature, même au niveau politique aux Etats-Unis.


La solution qui a trouvé grâce à ses yeux est de créer deux structures. En août 2022, la famille a transféré 100% de ses actions avec droit de vote à une entité appelée « Purpose Trust » dont la mission est « de protéger les valeurs de [la] société ». Ces actions assorties d’un droit de vote représentent environ 2% des actions totales, selon le New York Times.


Quant aux actions sans droit de vote que la famille détient (98%), elles ont été offertes à une entité à but non-lucratif, Holdfast Collective. Cette structure va dorénavant percevoir les bénéfices générés par la firme et devra consacrer ces fonds à des ONG militant en faveur de la planète et contre le réchauffement climatique. « Tous les ans, la somme d’argent restante après avoir effectué les investissements nécessaires à la pérennité de notre entreprise sera distribuée sous forme de dividende et financera la lutte contre la crise environnementale », écrit-il. Cette somme pourrait représenter environ 100 millions de dollars, selon les aléas du marché et de la performance de l’entreprise. // SB


©Patagonia/Davis