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Le groupe Rossignol restructure sa production

Le fabricant de skis a annoncé la suppression de 92 postes sur trois sites en France, dont 61 pour la seule usine de Sallanches, le site historique de Dynastar.


Le groupe, basé à Saint-Jean de Moirans en Isère, a présenté aux représentants du personnel « un projet de redimensionnement de son activité ski » via une réorganisation de l’outil industriel, assorti d’un important programme de réduction des dépenses et des coûts fixes permettant une économie de 10 à 15 millions d’euros par an. « Malgré sa politique d’investissements continus et la transformation de ses activités, le Groupe Rossignol continue de faire face à un marché extrêmement tendu qui pèse sur sa rentabilité. Dans ce contexte, il doit poursuivre ses efforts sur son activité historique pour adapter son organisation et ses usines aux besoins du marché du ski aujourd’hui », indique le groupe.

Les suppressions de postes concernent principalement l’usine de skis de Sallanches (Haute-Savoie), où 61 emplois disparaitront sur un total de 124, début 2021. S’y ajoutent 24 postes au siège à Saint-Jean-de-Moirans (Isère) et 7 autres à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (Isère), où se situe la plateforme logistique.

Le gros de la production délocalisée en Espagne

A l’usine de Sallanches, où l’effectif va être réduit de 50 %, cette annonce a fait l’effet d’un raz de marée. « On ne s’y attendait pas, ça fait vraiment froid dans le dos. D’autant qu’il y a eu beaucoup de départs à la retraite non remplacés ces dernières années, mais cela ne suffit pas », déplore Cyrille Cherpin, membre du CSE, pointant « c’est notre mort annoncée… la dernière étape avant la fin ». Sur le site qui produit 100 000 paires de skis junior et 60 000 autres injectées sous les marques Rossignol, Dynastar et Wed’ze (groupe Décathlon), les volumes devraient être maintenus. « Demain, on va juste mouler et usiner alors que notre usine est 100 % autonome et intégrée », ajoute-t-il. Un paradoxe, selon lui, quand la marque communiquait encore récemment sur le “made in France“. Autre source d’incompréhension : « Rossignol a obtenu un PGE de 45 millions d’euros de l’État français pour faire face à la baisse d’activité et on investit en Espagne où un gros plan d’investissement est programmé sur deux ans (2020-2022)… il faut que l’on m’explique », s’indigne Cyrille Cherpin. Les négociations débutent avec la direction. « Tous les postes seront touchés : bureaux, production… On avait déjà perdu 122 emplois lors du plan social de 2009. Depuis l’échec de Quiksilver, Rossignol n’a toujours pas trouvé son business model », déplore le délégué du personnel, qui ne croit plus en l’avenir de l’usine de Sallanches, « même si la direction tient un discours contraire, avec la création de 15 postes (dont 9 sur le site) quand une dizaine sont des reconversions au sein du groupe ».

Pour rappel, le groupe Rossignol (marques Dynastar, Lange, Look, Kerma) présidé par Bruno Cercley, emploie 1 310 collaborateurs dans le monde dont 680 en France et réalise un chiffre d’affaires de 370 M€ au 31 mars 2020 (70 % équipement et matériel d’hiver, 20 % textile et chaussures, 10 % cycle). Sa part à l’export est de 80 %. Il possède quatre sites industriels en Europe : Sallanches (France) et Artès (Espagne) où sont fabriqués les skis, Montebelluna (Italie) où sont produites une partie des chaussures et Nevers (France) où sont assemblées les fixations Look. Depuis 2013, le groupe est détenu majoritairement par le fonds scandinave Altor Equity Partners.

//P.Rey