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Julien Rebuffet, MCF « Créer un écosystème habile et réactif »


Enneigement et diversification, le point avec Julien Rebuffet, directeur du Syndicat professionnel des moniteurs cyclistes français.


Outdoor Experts : Des hivers peu enneigés favorisent-ils une résurgence de la pratique vélo ?

Nous avons effectivement cet hiver des moniteurs qui pratiquent le VTT comme en été mais rien ne peut remplacer la neige en montagne. Elle constitue la réelle locomotive de l’hiver. Nous sommes aujourd’hui de nouveaux acteurs sur cette saison et captons des clientèles curieuses de nouvelles activités tel le fat-bike. Aujourd’hui, il est clair que cette réservation reste motivée par le pouvoir d’attractivité de la neige. Néanmoins, il n’est pas incongru de préparer les stations à une réelle alternative, à des mix d’activités, neige ou pas neige. La recherche d’activités insolites, de nouveautés et la fin des journées de sept heures de ski invitent à cette approche.


Le vélo plutôt que le ski ?

Non, la neige et le ski alimentent le moteur, j’insiste. Le vélo ne fonctionne pas sur les mêmes échelles. Son économie se concentre sur les ailes de saison et avec un rendement moindre. En revanche, selon les altitudes, il y a des enjeux de «convertibilité». C’est une dimension culturelle encore compliquée car beaucoup de territoires de moyenne montagne attendent la neige, pourtant MCF peut constituer un efficace plan B lorsqu’elle manque, sur les parcours nordiques notamment. Les marges de progrès résident assurément dans cette anticipation pour transformer en 24h l’offre et la communication.


Où bloquent les freins ?

Dans les idées reçues qui considèrent que, si les vacances de Noël ne sont pas idéales, les stations se rattraperont en février. Or, cet hiver, le Massif central, le Jura, les Pyrénées et quelques stations basses dans les Alpes restent exposées. Pourquoi ne pas anticiper en amont, dès l’automne, impliquer des socio-professionnels pour la mobilisation de moyens et matériels ajustables selon la réalité du climat.


Une nouvelle stratégie ?

Une double stratégie en fait, afin de créer un écosystème habile et réactif, réversible et adaptable pour apporter une réponse dans tous les cas. Pour préparer la transition en douceur de la montagne en hiver, il convient sans doute de parler plutôt synergie d’activités que concurrence, afin que, pour les usagers, la montagne reste une destination de plaisirs et d’expériences. C’est une réflexion à conduire lorsque l’argent est disponible, sans trop attendre la répétition d’hivers fragiles. /// RS